Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Centre de Paris : le défi démographique

A l’initiative de l’association, Aux 4 coins du 4, j’ai participé, samedi 30 mars, à un débat « Quels équilibres, quelle centralité pour Paris-Centre » en mairie du IV.

L’occasion de rappeler l’absence de démocratie sur la fusion du centre de Paris, le moment surtout de mentionner que le défi majeur dans le centre de Paris est démographique. Comment allons-nous faire pour y garder les habitants, les classes moyennes et les familles dans les années à venir ?

Depuis 20 ans les arrondissements centraux perdent en population. A titre d’exemple le 2ème arrondissement a perdu 12% de ses habitants entre 2011 et 2016. 12 000 Parisiens quittent Paris chaque année. Une étude récente de l’APUR annonce une diminution du nombre d’habitants dans les quatre arrondissements de 25% d’ici 2030.

Effectivement les familles quittent, au 2ème enfant, aujourd’hui souvent dès le 1er, le centre de Paris. Les commerces de proximité ferment. Les écoles aussi, hier rue François Miron, à la rentrée dernière rue Brantôme sans oublier des fermetures de classes rue Étienne Marcel….

La majorité sortante accepte la chose avec fatalité se réfugiant derrière la flambée immobilière. Certes l’augmentation de 50% du prix de l’immobilier, en 10 ans, a contribué à cet exode. C’est indiscutable. Simplement l’équipe municipale en a été complice et bénéficiaire. Complice en asséchant le marché avec sa politique de préemption. Bénéficiaire avec une hausse vertigineuse des droits de mutation. En 2018 la ville aura encaissé 1,4Mds€ de droit de mutation. Record absolu.

A cela s’ajoute que la majorité sortante considère que sa politique n’est en rien responsable de cette chute démographique. Grave erreur !

Dans le cadre de ce colloque j’ai fait des propositions pour enrayer ce déclin. Si le prix de l’immobilier est un facteur majeur, il ne doit en rien occulter les autres difficultés du centre de Paris.

Nous devons agir autour de 4 axes:

  • Une nouvelle gouvernance donnant plus de pouvoir et de moyens au Maire d’arrondissement en matière de logement, de lutte contre les incivilités, de propreté et de partage de l’espace public. Il serait pertinent dans le centre de Paris d’indexer les dotations d’arrondissement non sur le nombre d’habitants mais sur le nombre d’usagers. Dans des secteurs qui vivent – voire supportent- le tourisme de masse cela serait une avancée considérable. Dans le domaine de la propreté on ne lave pas les habitants mais les rues.
  • Une nouvelle ambition en matière de qualité de vie afin de répondre aux attentes des familles. Beaucoup d’entre elles se saignent pour rester au cœur de Paris en vivant souvent dans des petites surfaces mais au bout d’un moment elles craquent parce que leur quotidien est stressant et inconfortable. Les rues sont sales. On y croise des rats. On ne trouve pas de place pour ses enfants au conservatoire. On est victime de la pollution. Il est très compliqué de faire du sport. Les jardins ne sont pas toujours adaptés aux jeux d’enfants… Le devoir premier de la municipalité c’est de créer des externalités positives pour rendre le centre de Paris attractif pour les familles et ses habitants.
  • Une nouvelle approche en matière de circulation moins idéologique et plus pragmatique. J’ai indiqué, durant ce débat, que le clivage pour ou contre la bagnole était ridicule au regard de l’évolution de la science, de la motorisation, du développement des voitures propres, de l’apparition, avec la 5G, de véhicules autonomes, partagés et non polluants. De même, il serait opportun pour la puissance publique de prendre en compte que 40% des personnes se trouvent en situation de mobilité lente ou réduite. Enfin, il me paraît crucial de revoir le partage de l’espace public. A titre d’exemple le développement des trottinettes électriques doit être encadré.
  • Une nouvelle politique du logement, j’ai ainsi proposé : la fin des préemptions municipales, l’augmentation de la transformation de bureaux en logements, plus de logements intermédiaires dans le parc social, encouragement à l’accession social à la propriété.

L’objectif est de vivre mieux le centre.