Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France.

Macron sur la colonisation : « Une insulte à tous les pieds noirs et aux harkis »

La déclaration d’Emmanuel Macron en visite en Algérie sur la colonisation, considéré comme un « crime contre l’Humanité », est « une insulte à tous les pieds noirs, aux harkis et à leurs ancêtres », selon Vincent Roger. Et d’y voir une tentative de « manoeuvre électorale » s’inscrivant dans une « logique d’une mouvance islamo-gauchiste ».

Tribune parue le 17 février sur le site de Marianne.

Le 14 février à Alger, Emmanuel Macron a déposé une gerbe, flanquée d’un large bandeau « Emmanuel Macron », sur la tombe de Roger Hanin. Le geste a pu surprendre de la part d’un homme qui déclare qu’il n’y a pas de culture française. Il est d’autant plus improbable au regard de ses déclarations liant la colonisation à un crime contre l’humanité. En s’inclinant sur la tombe de feu le commissaire Navarro, dans le cimetière Saint-Eugène, il saluait aussi indirectement dans ce lieu, symbole de la présence française, Joseph Lévy et Victorine Hanin parents du célèbre comédien. Cette famille, Roger Hanin en était fier. Elle était modeste. Elle vivait dans la basse casbah d’Alger puis dans le quartier de Bab El Oued. Etait-elle une famille d’affreux colonisateurs ? La question pourrait faire sourire quand on a en mémoire les mots d’amour qu’avait Roger Hanin pour toutes les communautés qu’il avait côtoyées durant son enfance sur les bancs de l’école de la République.

En déclarant que la colonisation est un crime contre l’humanité, le leader d’En marche fait de Joseph Lévy et Victorine Hanin, ainsi que de tous ceux qui reposent à Saint-Eugène, des complices de la barbarie qu’il dénonce.

Son affirmation constitue une insulte à tous les pieds noirs, aux harkis et à leurs ancêtres. Pour se justifier de la polémique qu’il a fait naître, depuis 24h, il transfère la notion de crime contre l’humanité à la guerre d’Algérie. Devons-nous lui rappeler que dans cette guerre les atrocités ont été malheureusement partagées ? Il n’y a pas eu d’un côté les gentils FLN et de l’autre les méchants soldats français. Devons-nous également lui rappeler la responsabilité de la gauche dans cette affaire ? Lui, qui récemment dans un discours à Nevers, s’est réclamé de l’héritage de François Mitterrand, devrait avoir en mémoire que Mitterrand, ministre de la IV République, proclamait, en 1954, à propos de la « rébellion algérienne » : « la seule négociation, c’est la guerre ». Veut-il faire comparaître le Président Mitterrand devant le tribunal de l’histoire ?

Lire la suite de la tribune.