Vincent Roger - Conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

La leçon Biden…

Il me semble important d’être toujours en retenue pour commenter les élections d’un pays ami. Il faut aussi, à mon avis, s’éviter toute sentence définitive. Non les 71 millions d’américains qui ont voté Trump ne sont pas tous des racistes et des incultes. Ils sont comme les électeurs de Biden les héritiers d’une grande nation, éprise de liberté, dont beaucoup de leurs grands-pères sont venus, avec bravoure, sur les plages normandes un jour de juin 44. Ne l’oublions jamais.

En vérité ce qui me plait dans cette élection c’est déjà son scénario. Il est à lui seul, une première leçon. Lundi, Biden avait triomphé avant le vote. Mercredi, Trump l’avait remporté avant la fin du dépouillement. Au passage beaucoup ont dû regretter leur commentaire précipité à commencer par Madame Le Pen. Samedi, Biden gagne. Il l’emporte largement en nombre de grands électeurs – système baroque – mais surtout en nombre de suffrages avec plus de 3 millions de voix d’avance.

Mais la première victoire de Biden réside dans sa gestion de cette semaine folle. Durant ces derniers jours, il est resté calme, maître du temps et rassembleur. Il a donné, avec sang froid, devant les caméras du monde entier, une leçon de maîtrise totale. Une leçon d’humilité. Une leçon de respect. Respect à l’égard des institutions de son pays. Respect vis-à-vis de tous les électeurs. Respect des opérations de dépouillement. Pas de doute c’est un homme d’Etat.

Ce qui me ravit surtout c’est que cette élection symbolise la victoire de la mesure sur l’exorbitance. Un homme d’expérience, cabossé par les douleurs de la vie, a prouvé au monde entier que l’on pouvait gagner une élection sans sombrer dans la démagogie. En ces temps de surenchère permanente, de dictature de l’immédiateté, d’ochlocracie rampante, d’électoralisme, de populisme digital et de malhonnêteté intellectuelle, le succès de Biden est une bouffée d’oxygène pour la démocratie. C’est avant tout ça la leçon Biden. C’est en cela qu’il est une espérance. Sans oublier qu’en nommant Kamala Harris à la Vice-Présidence il révolutionne l’Amérique dans le bon sens.