Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Logement : moins de leçons, plus de pragmatisme…

Au sujet du logement, la majorité municipale n’hésite à pas être donneuse de leçons. Pourtant, après 18 ans de pouvoir, l’équipe sortante devrait emprunter le chemin de l’humilité. Quelques chiffres pour nourrir votre réflexion : 12 000 Parisiens quittent chaque année la capitale ; l’immobilier a augmenté de 50% en dix ans ; 140 000 Parisiens sont en attente d’un logement social ; 1/3 de la production des logements sociaux est réservé aux classes moyennes ; le taux de rotation dans le parc social n’est que de 4,5% contre 10% au niveau national…

L’Hôtel de Ville est dans le déni : ni coupable et ni responsable. Ni coupable de l’hémorragie démographique qui frappe de plein fouet le centre de Paris. Ni responsable de la flambée immobilière. Sur le premier point la majorité pourrait s’interroger sur sa politique en matière de qualité de vie. Quant au second elle oublie son côté pompier-pyromane. Sa politique de préemption est une véritable catastrophe. Elle accélère la flambée immobilière. L’achat massif par la Ville de logements privés déjà occupés pour les transformer en logements sociaux déséquilibre le marché, assèche l’offre et fait lourdement grimper les prix. Ce sont ainsi 20.000 logements qui ont été retirés du marché immobilier depuis 2001. Cela se double d’un mensonge. Cette politique trompeuse n’a pas créé 100.000 logements supplémentaires depuis 2001, comme le prétend Anne Hidalgo, mais seulement la moitié. Sans oublier sa gestion « spéculo-dépendante » puisque les droits de mutation ont rapporté 1,4Mds€ en 2018 aux caisses de la ville. Un record absolu !

Cette politique ne fonctionne pas. Il faut procéder à un véritable aggiornamento. Il faut une vraie politique de l’offre qui soit diversifiée. D’abord en stoppant les préemptions onéreuses, cet argent ainsi économisé -180 M€ par an- permettrait de doubler le nombre de logements soit 2500/an. Ensuite d’avoir un équilibre à 50/50 dans le parc social entre le social/très social et les classes moyennes. Enfin il est important de relancer l’accession sociale à la propriété pour les parisiens à revenus moyens et de doubler la transformation de bureaux en logements (800/an demain, contre 400 aujourd’hui). Pour mémoire,b l’Ile-de-France dispose de 3,5M m2 de bureaux inoccupés. Un impératif s’impose aussi : avoir une vision métropolitaine. Cela devient urgent.

Vincent Roger
Conseiller régional
Conseiller 4ème arrondissement