Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France.

Macron mais…

Dimanche prochain, à titre personnel, je voterai pour Emmanuel Macron. Je le ferai parce que le gaulliste viscéral que je suis ne peut imaginer la firme Le Pen à l’Elysée. Je ne veux pas que mes enfants grandissent dans une France qui ait comme philosophie la peur de l’étranger. Je ne veux pas que le pays de Descartes devienne irrationnel. Je ne veux pas d’une France recroquevillée sur elle-même. Enfin, je ne veux pas du programme économique et social de Madame Le Pen. C’est un projet d’extrême gauche. Il causerait la perte de nos entreprises. Il entraînerait un désastre social pour les plus démunis. Il aurait pour les ménages des conséquences néfastes notamment en matière de pouvoir d’achat. Il aboutirait à une crise financière sans précédent avec la sortie de l’Euro.

Face aux défis nombreux que la France doit relever, la démagogie de Madame Le Pen n’est pas une réponse. Le projet de la candidate FN n’est en rien une solution pour assimiler la triple révolution que nous devons affronter celle de la mondialisation, celle de l’accélération et celle du digital. Il n’est en rien un moyen pour vaincre le chômage de masse et l’explosion de la pauvreté. Il n’est en rien une issue pour résoudre les nombreuses fractures territoriales qu’elles soient sociales, sanitaires, culturelles, éducatives, numériques…

Mon vote sera tout sauf un chèque en blanc pour Emmanuel Macron. Mon vote est pour éviter le pire à la France.

Face à cette gravité française, je n’oublie pas qu’Emmanuel Macron n’a pas été au rendez-vous au soir du premier tour de l’élection présidentielle.

Son discours était creux. Son allure triomphante était indécente. Alors que plus de 40% des français avaient exprimé un vote de colère à travers les extrêmes, il n’a pas été à la hauteur de la situation. Pas un mot non plus sur le déroulement surréaliste de cette élection présidentielle.

Quant à son programme, il demeure flou. Je ne vois pas d’ailleurs comment un des principaux artisans du quinquennat Hollande résoudra les problèmes structurels de la France : chômage, dette, croissance, montée du communautarisme…

Le débat sur ces sujets cruciaux comme d’ailleurs sur les enjeux géopolitiques n’a pu véritablement avoir lieu. Je forme le vœu que les élections législatives des 11 et 18 juin prochains soient l’occasion d’aller au fond des choses. À la présidentielle, le pays a été privé d’alternance. Les législatives constitueront une chance pour une vraie alternance. Dans cette perspective, je forme comme dernier vœu que la Droite et le Centre se rassemblent autour de Francois Baroin.