Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Non à l’uniformisation des esprits

Tout au long de cette campagne, on nous répète que le clivage gauche-droite n’a plus de sens, que voter En Marche ou Les Républicains, c’est la même chose. Et donc que le mieux c’est de voter pour les candidats d’un Président Jupitérien. J’observe à ce sujet un côté : « circulez, il n’y a rien à voir ». Certains nous expliquent que ne pas voter pour le parti unique du moment serait contraire à l’intérêt de la République. Quelle imposture !
 
Je crois pouvoir prétendre que j’ai toujours, comme élu, agi au nom de l’intérêt général et du dépassement des clivages. Il suffit de lire les comptes rendus du Conseil du 4ème arrondissement pour le vérifier. Je crois pouvoir d’ailleurs dire, aussi, que je n’aurais pas fait le score que j’ai réalisé aux municipales – il m’a manqué d’inverser 28 voix pour être Maire – sans les voix de nombreux électeurs de gauche qui ont reconnu dans ma candidature celle d’un homme engagé au service de la cité et du pacte républicain.
 
Mais défendre l’intérêt général, ce n’est pas la confusion des idées ni l’effacement des valeurs. Ce n’est pas une question partisane ni une question de sectarisme. C’est une question de vision et de convictions. C’est un état d’esprit. C’est une façon d’agir.
 
Fort de mes convictions de gaulliste social, député, j’aurai à l’esprit d’être constructif pour soutenir des lois voulus par le Président de la République comme la réforme du code du travail. J’œuvrerai pour amender dans le bon sens la loi de moralisation qui à ce stade est encore bien perfectible. Mais je n’aurai pas peur d’opposer mes différences avec En Marche.
 
A ce titre je défendrai une lutte implacable contre le terrorisme. Je ne vois dans le programme d’En Marche aucune mesure forte pour enrayer la propagation des thèses de l’islam radical sur notre territoire. Je considère pour ma part que la République doit être implacable contre toutes les dérives idéologiques qui mènent au terrorisme et refuser toute compromission avec le communautarisme. Les mouvements de l’islam radical doivent être dissous tout comme les associations qui prônent la haine, la violence et la discrimination à l’encontre des femmes. Ces positions sont pour moi le devoir du député de la circonscription ensanglantée par les attentats de 2015 que je suis.
 
De même, je m’opposerai à de nouvelles hausses d’impôts alors que les familles et les retraités ont déjà subi de plein fouet une forte augmentation des prélèvements pendant le quinquennat de François Hollande. En Marche propose d’augmenter d’1,7 point la CSG qui rapporte déjà 100 milliards d’euros par an à l’Etat contre 72 milliards pour l’impôt sur le revenu. Mais l’avantage de la CSG, c’est que peu de contribuables savent combien elle leur coûte vraiment. Comme disent les fiscalistes, il s’agit de « plumer l’oie sans la faire crier ». Pour ma part, je n’accepte pas que 9 millions de retraités voient leur taux de CSG passer de 6,6% à 8,3% soit 300 euros de plus par an pour une pension de 1500 euros par mois. Il me semble également urgent de redonner du pouvoir d’achat aux familles en rétablissant l’universalité des allocations familiales et en relevant le plafond du quotient familial.
 
Je serai enfin un député lucide sur l’état de nos dépenses publiques. Avec 2200 milliards de dette, la situation de la France pose de vraies questions en matière de souveraineté financière. Et rien dans le programme d’En Marche n’est de nature à permettre un retour à l’équilibre budgétaire. Nous devons être d’une extrême rigueur dans notre gestion des comptes de la sécurité sociale en luttant fermement contre les abus et les fraudes. Une réforme courageuse des retraites s’impose également pour garantir la pérennité et l’équité de notre système social. Je suis favorable à un recul progressif de l’âge de départ, ainsi qu’à la suppression progressive des régimes spéciaux de retraite et à l’alignement des régimes de retraite de la fonction publique sur le régime général. Cela nous permettra de maintenir les dispositifs de carrière longue et d’augmenter les petites retraites de 300 euros par an et les pensions modestes de réversion de 10 %.
 
J’invite les électeurs à comparer les programmes. Avant le 1er tour de la présidentielle il n’y a pas eu de débat. Pour le second tour, il n’y a pas eu de choix. Pour les législatives il serait bien que l’on lève la chape de plomb du moment consistant à considérer que le seul vote utile pour la France serait d’aller en courant voter En Marche au nom d’une mode, d’une dérive préoccupante celle de l’uniformisation des esprits, de « il faut aider le Président » ou « il faut leur donner leur chance »… Mais l’intérêt général ne serait-il pas d’avoir des députés libres plutôt qu’un aréopage de député godillots ? La Ve République a voulu que l’Assemblée soit l’auxiliaire mais aussi le garde-fou du pouvoir exécutif. C’est bien le rôle que j’entends jouer comme député.