Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Notre-Dame : une passion française

Le 15 avril dernier, Notre-Dame était en feu. C’était l’épouvante. Sa « forêt » partait en fumée. Comme beaucoup d’entre vous, mon émotion a été vive face à ce terrible incendie. Notre-Dame c’est l’âme de Paris. C’est le cœur de la chrétienté en France. C’est l’emblème architectural d’une nation millénaire.

Tôt le 16 avril, au matin, je me suis rendu aux côtés de Valérie Pécresse et de Florence Berthout sur le parvis de la cathédrale pour échanger avec le Général Gallet, chef des pompiers de Paris. Le briefing qui nous fut fait pourrait se résumer ainsi : le pire a été évité. A une 1/2 h près la tour nord aurait pu s’effondrer. Quelle ne fut pas notre satisfaction d’apprendre que les rosaces du 13ème siècle, l’orgue, le beffroi, les tours, le trésor, l’essentiel des œuvres d’art étaient sauvés… Nous le devons au courage des pompiers de Paris. Durant l’opération ils ont risqué leur vie, en particulier ceux qui sont intervenus dans la tour nord, pour préserver la cathédrale. Notre reconnaissance et notre gratitude à leur égard sont immenses.

Maintenant l’heure est à la rénovation de l’édifice. Le Président de la République a eu raison de donner une impulsion et un cap. C’est le rôle du chef de l’Etat. Je ne lui en ferais pas le reproche bien au contraire. Cependant ne confondons pas vitesse et précipitation. Si ce chantier dure 5 ans, ce sera bien. S’il doit être achevé dans 7 ans, ce ne sera pas un problème.

De même si pour l’essentiel Notre-Dame doit être reconstituée à l’identique je ne serais pas choqué qu’un geste architectural du 21ème siècle accompagne sa rénovation. Chaque époque a apporté, si j’ose dire, sa pierre à l’édifice. Pourquoi devrions-nous être plus conservateur qu’au 19ème siècle ? Eugène Viollet-le-Duc a embelli Notre-Dame. Pourquoi notre époque n’apporterait pas sa pierre ? Lors de l’inauguration de la biennale de l’architecture à Versailles – que je vous invite à découvrir – Valérie Pécresse rappelait, à juste titre, que «l’architecture marie les racines du passé avec les ailes de l’avenir». La formule est belle. Elle nous invite à la réflexion au sujet de Notre-Dame. Certes les décisions devront se prendre dans le respect de la spiritualité des lieux, de l’histoire et d’une cohérence architecturale. Il faut en débattre. Si possible sereinement mais comme le rappelait Nicolas Sarkozy la polémique sur ce sujet est la preuve d’une vivacité française. Notre-Dame constitue une passion française. La mobilisation de tous les acteurs publics et l’élan de générosité pour financer sa reconstruction l’illustrent.

Cette solidarité doit aussi se manifester pour les hommes et les femmes qui vivent autour ou servent Notre-Dame. Mes premières pensées vont à l’épiscopat et aux paroissiens. Avec Valérie Pécresse nous avons sensibilisé le Directeur de l’AP-HP au sujet du « Chœur de Notre-Dame ». Nous avons suggéré de reloger cette chorale dans les locaux vides de l’Hôtel-Dieu. De même, avec la Présidente de la région et Florence Berthout, nous avons demandé au ministre du budget d’être attentif à la situation des commerçants de l’île de la Cité pour lesquels les conséquences économiques sont désastreuses.

Oui Notre-Dame est une passion française. Il faut s’en féliciter. Je forme le vœu qu’au final elle nous rassemble. Elle le mérite. Nous le lui devons.

Vincent Roger
Conseiller régional
Délégué spécial en charge des Jeux Olympiques et Paralympiques
Conseiller du 4ème arrondissement.