Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

«Paris nous dépasse»

Tribune parue sur l’opinion.fr le 16 janvier 2019

L’élu parisien, qui a quitté Les Républicains en juillet, appelle « le centre et les nombreux élus de droite qui ne se reconnaissent pas dans la stratégie clivante de LR » à soutenir Benjamin Griveaux

Avec moins d’un quart des voix dans les sondages et un bilan jugé négatif par 60 % de ses administrés, partout en France, un maire sortant serait sorti. Il n’y a qu’à Paris où un déroulement inverse est imaginable. Pourtant, dans le ventre de la capitale, on rêve de changement. Encore faudrait-il donner au peuple de Paris une espérance pour construire l’alternance qu’il réclame. Certains s’abandonnent, non sans cynisme, à un scénario fataliste.

Pour ma part, je m’y refuse. Elu de Paris depuis 2008 dans le IVe arrondissement, où il m’a manqué, en 2014, d’inverser 28 voix pour en devenir maire, je ne suis pas de ces élus à qui on a offert un arrondissement sur un plateau d’argent. Je fais partie de ces élus de proximité et de ces militants besogneux qui se battent depuis des années pour que Paris connaisse enfin l’alternance. Des élus de droite qui refusent les stratégies de billard à trois bandes consistant à perdre en 2020 pour espérer gagner en 2022. Des élus qui considèrent que l’alternance est saine quand une majorité a régné sans partage durant deux décennies. Des élus de terrain qui pensent qu’après vingt ans de service comme première adjointe et comme première édile, la maire de Paris devrait prendre un mandat sabbatique.

A condition de s’en donner les moyens… Si nous voulons éviter une telle catastrophe, le rassemblement doit s’opérer maintenant. Pierre-Yves Bournazel, fort de sa légitimité, en a créé les conditions en rejoignant Benjamin Griveaux. Il faut aller plus loin. La décision courageuse de Pierre-Yves Bournazel doit maintenant être suivie par le centre et les nombreux élus de droite qui ne se reconnaissent pas dans la stratégie clivante de LR. Ce parti a fait le choix, pour la capitale, de la bunkerisation en méprisant nombre de ses élus et surtout sans écouter ses électeurs comme l’ont prouvé les élections européennes. A Paris, LREM a fait ses meilleurs scores dans les bureaux de vote historiquement les plus à droite.

Divisions oiseuses. En pensant récupérer ses électeurs en étant la caricature de lui-même, LR se méprend lourdement et se trompe de combat. Aux municipales l’enjeu n’est pas de sauver un parti. L’approche est datée et ne correspond ni aux attentes et ni à l’esprit des Parisiens. En prime, une écrasante majorité des électeurs de droite a bien compris que les divisions oiseuses mèneront les forces de l’alternance au désastre. Ces divisions stériles d’avant premier tour et leurs dérives inévitables ne créeront pas les conditions d’un rassemblement efficace dans l’entre-deux tours. On ne réconciliera pas en une semaine des listes qui se seront inventé des divergences pour exister.

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