Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Pourquoi je quitte LR…

Tribune parue sur lemonde.fr

Militant depuis l’âge de 18 ans, élu en 2008, attaché et loyal depuis plus de 30 ans à ma famille politique y compris dans ses périodes les plus tourmentées, notamment en 2017, alors que j’étais Directeur général du mouvement, c’est en conscience, non sans tristesse et avec gravité que j’ai décidé de démissionner des Républicains.

Le séisme des européennes était inévitable. La faute n’en incombe pas à un seul homme. Elle fut collective. Elle fut aussi l’histoire d’un long dévissement. Le parti LR a failli en rejetant quatre de ses fondations : le gaullisme, le libéralisme, l’ordre et l’avenir.

Il a abandonné progressivement le gaullisme. Cette spécificité de la droite française qui avait pour ambition de rassembler les français au-delà de leurs origines, de leur statut social, de leurs croyances et de leur lieu d’habitation. La droite depuis des années s’est enfermée peu à peu dans une approche identitaire, sociologique et électoraliste. Elle a eu pour effet d’opposer la France rurale à la France métropolitaine. Les périurbains aux habitants des centres-villes. Résultat : les campagnes ont voté massivement pour le Rassemblement National et les villes pour En Marche. À cela s’ajoute la disparition de l’esprit de compagnonnage qui faisait la force du mouvement gaulliste. Aujourd’hui tout n’est que calcul individuel et absence d’ambition collective. Sans parler d’élus qui trouvent normal de dialoguer avec Marion Maréchal.

Les Républicains ont ensuite oublié le libéralisme. Pour le gaulliste social que je suis il doit être tempéré mais il demeure indispensable à tout projet de droite. Le gaullisme c’est aussi le plan Rueff. Charles Pasqua et Philippe Séguin ont participé -entre 1986 et 1988- au gouvernement le plus libéral de la Vème République. Quand je vois récemment certains parlementaires LR pactiser avec la France insoumise dans le cadre de la privatisation d’ADP je me demande si on ne marche pas sur la tête. 

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