Vincent Roger - Conseiller du 4e arrondissement, conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

«Santé: la nécessaire décentralisation»

Tribune de Jean Spiri et de Vincent Roger parue sur le site de l’Opinion

« Il faut créer les conditions d’un partenariat équilibré entre la déclinaison locale des impulsions nationales qui est le propre d’une administration déconcentrée et la vision de terrain qui est le propre d’une collectivité », plaident les deux conseillers régionaux d’Ile-de-France

En Ile-de-France, comme dans les Hauts-de-France, le Grand Est et la plupart des autres régions françaises, le déconfinement aurait été bien plus difficile sans l’engagement des régions : dispositifs pour permettre aux élèves infirmiers de renforcer les équipes soignantes, distribution massive de masques, organisation ad hoc des transports, soutien aux entreprises et à la production rapide de masques, etc. Cette crise a illustré la place que peuvent jouer les régions dans les politiques de santé.

Cette place lui est pourtant déniée aujourd’hui. La loi NOTRE avait de ce point de vue été une occasion manquée : la compétence santé était clairement exclue des compétences des régions, alors même que la plupart d’entre elles avaient déjà développé des actions sanitaires – actions qu’elles ont d’ailleurs dû pour beaucoup poursuivre, faute de reprise par l’Etat.

Oui, l’Etat doit être à la hauteur et responsable des grands enjeux sanitaires nationaux comme la formation initiale des médecins, la recherche, la gestion des stocks de médicaments et de matériels sanitaires vitaux, les grandes causes de prévention (cancer, maladies chroniques, VIH, maladies cardiovasculaires…), l’encadrement de l’industrie pharmaceutique, la stratégie vaccinale, les questions cruciales d’éthique…

Mais oui, l’action des régions sur la démographie médicale, sur les maisons de santé sur les territoires, sur la politique de prévention en santé auprès des jeunes, comme le fait le Crips (centre régional d’information et de prévention du Sida) en Ile-de-France, sur l’accompagnement des professionnels de santé, est cruciale. Pourtant, dans les textes, les régions ne sont chargées que des formations pour les Instituts de Formation en Soins Infirmiers. Ce qui n’empêche pas l’Etat de demander aux régions de cofinancer un IRM par-ci, un projet de structure par-là, sans ligne directrice, sans cadre, sans vrai partage de la politique publique.

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