Vincent Roger - Conseiller régional d'Île-de-France, délégué spécial de la Région Île-de-France pour Paris 2024

Tribune – Covid-19 : « Il est impératif que les détenus ne risquent pas leurs vies par défaut de moyens de prévention »

Tribune publiée sur lemonde.fr le 5 octobre 2020.

Alors que le nombre des contaminations augmente dans les prisons, Jean Spiri et Vincent Roger, conseillers régionaux d’Ile-de-France et responsables du Crips Ile-de-France, alertent dans une tribune au « Monde » sur le manque de mesures préventives qui « met les prisons dans un état d’angoisse insupportable ».

Les annonces se succèdent pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus. Au port du masque obligatoire, puis au couvre-feu pour deux tiers des Français s’est ajouté un confinement généralisé. Autant de mesures qui permettront de limiter la submersion des lits d’hôpitaux, si on offre la possibilité à toutes et tous de les appliquer.

Loin des regards, les détenus des prisons françaises semblent malheureusement avoir un traitement à part. Nous parlons beaucoup des lieux clos, depuis quelques semaines où le virus se transmet de façon très aisée si le port du masque n’est pas mis en place. Or, s’il est bien un lieu clos, ce sont les prisons. Ces lieux qui, en premier, ont été coupés de tout contact avec l’extérieur durant la vague épidémique de mars et ont participé à la fabrication des premiers masques.

Les effets de l’épidémie sont particulièrement destructeurs pour les détenus. Pendant le confinement la prise en charge médicale a été réduite aux strictes urgences vitales. Les retards dans le suivi médical, la prévention et le dépistage hors Covid ont pris un retard que l’accalmie de cet été n’a pas suffi à combler. Le manque de prise en charge des problèmes psychosociaux et sanitaires risque d’avoir des conséquences à long terme. Sans parler des retards dans les soins, encore plus exacerbés qu’en population générale, les fragilités liées aux conditions d’incarcération n’ont fait que rendre les détenus plus vulnérables. Promiscuité et insalubrité font le lit du virus…

Une tension permanente dans les prisons

Les chiffres des contaminations en prison n’arrêtent pas de monter : au 3 novembre, 182 cas avérés avaient été recensés parmi les détenus, sans compter le personnel. Le manque de mesures généralisées, au-delà des risques pour la santé des détenus et personnels pénitenciers, met les prisons dans un état d’angoisse insupportable. Certains détenus en viennent ainsi à refuser les promenades par peur d’être contaminés et les surveillants pénitenciers sont sous tension permanente.

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